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L’Union
pour la Méditerranée
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| L’Union
pour la Méditerranée : Vers la naissance d’un
Futur carrefour des civilisations, euro- méditerranéen
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Lettre ouverte
Le 13 Juillet 2008 à Paris, la naissance de l’Union
pour la Méditerranée, a été prononcée
par le Président de la République. Bien évidemment,
il ne suffit pas de naître pour exister ! Un projet de
cette ampleur n’est pas une action politique aisée,
ni une certitude capable de converger les intérêts
des uns et des autres ! mais bien au contraire, est capable de
susciter des réactions contradictoires : scepticisme et
inquiétudes chez les uns, euphorie et mobilisme chez d’autres
!
Etant un Européen convaincu par mes origines, permettez-moi
de ces qqs interrogations et réflexions sur ce sujet très
sensible :
La partie orientale de la Méditerranée, n’est-elle
pas une « école de crises par excellence ? » et
une zone de référence séismique active ?
comment l’UPM va-t-elle surmonter son principal obstacle, à savoir
tous ces conflits actuels ou potentiels : israélo-palestinien,
syro- israélien, algéro- marocain sur la question
du Sahara occidental, hispano-marocaine sur la question de Sebta
et Mellila, hispano-britannique sur la question de Gibraltar,
libano- libanaise, turco-grec sur la réunification de
Chypre ?
Au regard de ces agitations, de ces guerres, de ces crises, de
ces déracinements autour de la Mare Nostrum, il n’est
pas utopique ni provocateur d’imaginer la Méditerranée
comme le théâtre futur d’un « Choc des
Civilisations » ! Il nous appartient d’éviter
ce scénario.
Au-delà des guerres et des souffrances, les pays de la
Méditerranée ont intérêt à se
redécouvrir, à se réunifier, ses peuples à se
rencontrer, ses cultures à se parler.
Par cette initiative de convoquer ce sommet, la France démontre
l’importance qu’elle accorde à ce que cette
mer cesse d’être une frontière entre les continents
pour redevenir un carrefour politique, commercial et culturel
entre les civilisations.
Mais, peut-on imaginer la naissance d’un Futur carrefour
des civilisations, euro- méditerranéen ? car, la
politique et le commerce ne suffisent pas pour mener à bien
un projet si ambitieux ! et pour que l’UPM soit un projet
d’avenir, un espace humain commun, un instrument de développement
durable respectueux de l’environnement et un outil de pacification
et d’échange, il faut qu’il soit un projet
de Civilisation, ou plutôt la renaissance d’une Civilisation
Méditerranéenne, qu’il faut envisager !
La Mare Nostrum a été un carrefour des civilisations
et le berceau des trois grandes religions monothéistes.
Cet « incubateur à civilisations » peut redevenir
un grand bassin d’échange interculturel et inter-
religieux et contribuer à l’élaboration progressive
d’une identité méditerranéenne à partir
d’un changement radical des mentalités. L’Union
doit pouvoir se réaliser sur la base d’un même
repère identitaire et d’un même sentiment
d’appartenance à une histoire distincte, mais partagée,
et à un avenir commun et ne pourra s’enraciner dans
les consciences que si elle s’établit sur un véritable
fonds culturel commun.
D’autre part, concernant la future organisation méditerranéenne
: le Maroc serait pressenti pour le secrétariat et la
Tunisie a été évoquée pour occuper
le siège de l’ UPM ! L’idée initiale
de donner la préférence à un « pays
du Sud » n’est pas sans effets secondaires ! elle
institutionnaliserait la division entre « le nord » et « le
sud », ce que l’Union pour la Méditerranée
doit éviter à tout prix. Il faut considérer
la Méditerranée comme un « pays de l’articulation » et
non pas comme une frontière du « conflit des civilisations » !
Il faut doter l’Union d’un siège pouvant s’insérer
mais aussi capable de coordonner et de superviser le maximum
d’articulations politiques, culturelles et économiques
méditerranéennes.
Pourquoi pas comme tel lieu, la Crète ? qui est une option
justifiable et de bon sens ?
Géographiquement, n’appartient ni au « nord » ni
au « sud » : en tant qu’île, elle est
entre les deux rives. Historiquement et culturellement, constitue
un carrefour de l’antiquité romaine, de la chrétienté latine,
de la chrétienté orientale et de l’islam.
Dans sa longue histoire, elle a été successivement
sous domination romaine, arabe, byzantine, vénitienne
et ottomane. Les Grecs ont toujours entretenu d’excellentes
relations religieuses, économiques et politiques avec
le monde arabomusulman.
La Crète est à l’origine du mythe de l’Europe
! Elle fut la première grande thalassocratie méditerranéenne
(la civilisation minoenne). Elle constitue donc le lieu de référence
symbolique de toute la conception euro- méditerranéenne
! Elle peut enrichir la nouvelle Union avec la profondeur historique
et la perspective symbolique qui lui sont indispensables. Elle
renforcera le contenu culturel et spirituel d’une vision
qui risque de subir une désorientation politique majeure
!
Bien cordialement,
Antony, le 01 Septembre 2008
Ioannis VOULDOUKIS
Président de l’AFHA
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l'Union
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| Drapeau
de l’UPM : la partie supérieure
est blanche (pour représenter l’espoir), la partie inférieure
est bleue (pour symboliser la mer Méditerranée) |
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L’Union pour la Méditerranée, dont
l’appellation officielle est « Processus de Barcelone
: Union pour la Méditerranée », est une organisation
internationale intergouvernementale à vocation régionale.
Elle est fondée à l’initiative du président
de la République française Nicolas Sarkozy
le 13 juillet 2008 dans le cadre de la présidence française de l'Union
européenne.
Elle rassemble des États riverains de la mer Méditerranée
et l’ensemble des États membres de l’Union européenne.
Elle compte 43 membres : les 27 de l’UE, l’Albanie,
l’Algérie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie,
l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc,
la Mauritanie, Monaco, le Monténégro, l’Autorité palestinienne,
la Syrie, la Tunisie et la Turquie.
Cette organisation se coule
dans la structure du processus de Barcelone, un pacte liant l’Europe aux pays riverains de
la Méditerranée mis sur pied en 1995 à l’initiative
de Jacques Chirac. |
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